Etre payé pour monter à cheval, c'est le rêve ! Pourtant quand on selle son huitième cheval de la journée, mieux vaut être passionné. Le métier est dur physiquement et pas forcément bien rémunéré. Mais quand on aime ...
CAVALIER PROFESSIONNEL
Vivre à fond sa passion
Devenir un champion, briller sur les terrains de concours, monter des cracks... beaucoup de cavaliers en rêvent et se voient déjà dans les bottes de grands champions..... Mais attention ! Seuls quelques-uns deviendront célèbres. Les autres resteront dans l'ombre.
Dans l'anonymat, ils prépareront les jeunes chevaux pour le compte d'un éleveur ou chez un marchand Un métier très demandé, car les éleveurs éprouvent de grandes difficultés à trouver des cavaliers capables de dresser et d'exploiter leurs jeunes chevaux. Ils participeront aux épreuves d'élevage de CSO (cycle classique, cycle libre, hunter). Ils pourront également travailler pour un cavalier de 1re catégorie, s'occupant du renouvellement de l'effectif de l'écurie ou montant les chevaux du propriétaire.
Etre cavalier professionnel, ce n'est pas seulement être utilisateur d'un cheval en compétition. Pour mettre tous les atouts de son côté, il faut commencer par une bonne formation.
La formation : Le Galop 7 est nécessaire pour participer aux compétitions. Pour le reste, aucun diplôme n'est obligatoire. La plupart des cavaliers professionnels se sont formés sur le tas.
Nombreux sont les fils d'éleveurs ou de marchands de chevaux qui sont "tombés dedans" dès leur plus jeune âge. Leur meilleur diplôme, ce sont les résultats en compétition. Mais de plus en plus, des cavaliers qualifiés sont recherchés.
Côté pratique, le permis poids lourd est quasiment indispensable et une bonne maîtrise de l'anglais souhaitable, car de nombreux acheteurs sont étrangers.
"Une formation initiale dans le domaine de l'élevage est plus appropriée qu'un profil purement équestre. Un jeune qui a un bac pro agricole et les classements en classe C a de grandes chances de réussir. Il doit avoir une bonne connaissance du cheval, de sa morphologie, de sa génétique et de ses pathologies."
Les lycées agricoles publics, les Maisons familiales rurales, les établissements scolaires du CNEAP (Conseil national de l'enseignement agricole privée), préparent au BEPA (Brevet d'études professionnelles agricoles) options "activités hippiques" spécialité "entraînement du cheval de compétition sports équestres" et au bac pro (baccalauréat professionnel)"conduite gestion d'exploitation agricole production du cheval".
Pour aller plus loin, il est possible de suivre une formation de "cavaliers pour jeunes chevaux" à l'Ecole nationale professionnelle des Haras situé en Basse-Normandie. Son titre: "Valorisation de la jumenterie de sport, travail du jeune cheval". La formation dure dix mois, de la mi-novembre à la mi-septembre, ce qui couvre le cycle complet de préparation, entraînement, mise en valeur des jeunes chevaux de 4 ou 5 ans, jusqu'à la Grande semaine de l'élevage à Fontainebleau pour ceux qui se seront qualifiés. Au programme : élevage, débourrage, éducation du jeune cheval...
Coût : 213.50 € par mois. Pour être admis à cette formation, il faut avoir le bac, des classements en compétition niveau C, une bonne motivation, passer un entretien et des tests pratiques.
A l'issue de cette formation, une année de perfectionnement est possible à l'école. Mais le jeune cavalier peut également se perfectionner auprès des éleveurs, des marchands de chevaux et des cavaliers professionnels en activité.
"Il ne faut passe tromper de cible. Quand on a 22 ans et pas de résultats en junior ou en 2° catégorie, le train est passé. Il est trop tard pour devenir un champion. Mais pas pour apprendre a dresser des jeunes chevaux correctement et, surtout, les rendre utilisables par le plus grand nombre, donc commercialisables.
On voit trop de chevaux mis en route par des pilotes adroits et qui sont impossibles à monter par des cavaliers de 4° catégorie. Or, le marché est actuellement essentiellement un marché d'amateurs. Ce qui se vend ? Le cheval moyen, mais bien dressé. Si un cavalier sait rendre des 4, 5 ou 6 ans faciles à monter, il aura toujours du travail!"
Quel avenir ? : Prés de 3000 chevaux de sport participent chaque année aux épreuves d'élevage en CSO. Cela nécessite des cavaliers pour les former et, bien sûr, pour les monter. Les éleveurs se plaignent même d'avoir du mal à en trouver.
Attention... Le milieu reste malheureusement encore misogyne et laisse peu de place pour les femmes.
Le salaire de base d'un cavalier professionnel chez un éleveur correspond à un bon SMIC, avec logement. Il va monter entre huit et dix chevaux par jour. Normalement, il n'a pas à faire les boxes. Mais très souvent le cavalier ne se contente pas de monter et donne divers "coups de main".
Le cavalier professionnel peut également s'installer à son compte. Ce sont alors ses propres résultats en compétition qui lui servent de carte de visite. D'autres secteurs que le saut d'obstacles sont très porteurs. L'endurance, l'équitation éthologique ou la monte western recherchent également de bons cavaliers. Enfin, devenir écuyer du Cadre Noir reste un must pour les cavaliers.
Et après ? Pas toujours facile de continuer un métier aussi physique lorsqu'on vieillit. Il faut s'entretenir. Beaucoup se reconvertissent et deviennent marchands de chevaux.
Rémunération : le SMIC et logé pour débuter