La scène ils l'ont dans la peau. Les projecteurs, les applaudissements, la fièvre... les cavaliers de spectacles ne peuvent plus s'en passer. Cascadeurs, voltigeurs, dresseurs, ils mènent une vie de bohème. Mais ils sont avant tout au service du cheval, car la star c'est lui !
CAVALIER DE SPECTACLE
En haut de l'affiche
Le métier : Dans un premier temps, savoir repérer les chevaux qui ont du caractère, de la prestance, une envie de jouer, de plaire et qui prennent plaisir à travailler. Ensuite, les assouplir, les dresser et mettre au point des numéros. Puis négocier les contrats, conduire le camion, s'occuper des chevaux... Le travail ne manque pas ! Au final, le cavalier de spectacle va animer des salons, produire son propre spectacle, rejoindre un cirque, peut-être participer à des reconstitutions historiques ou au tournage d'un film.
Sous l'impulsion de Maurice Galle, Cheval Passion, en Avignon, est devenu le lieu de ralliement du spectacle équestre. La soirée des Crinières d'or permet aux jeunes artistes de s'exprimer. D'autres salons (Equitana en Allemagne, ou Fieracavalli en Italie) sont aussi des viviers de talents. Malheureusement, dans le domaine du spectacle, de nombreux emplois sont précaires, saisonniers ou occasionnels. Il faut donc être très motivé et prêt à affronter des hauts et des bas. Bartabas, patron de Zingaro, se plaint d'avoir du mal à recruter d'excellents cavaliers de spectacle. Ceux qui sont seulement moyens risquent de rester sur la touche. Les places en haut de l'affiche sont chères !
En plus d'un art, l'équitation est un sport. Le cavalier de spectacle doit particulièrement soigner sa condition physique. Comme pour le sportif, une blessure peut compromettre sa carrière.
Bon à savoir : Certains ont le statut d'intermittents du spectacle. D'autres créent leur propre entreprise ou sont éleveurs, agriculteurs, membres d'associations, salariés... La plupart sont obligés de développer une seconde activité pour vivre : cours, pension, commerce... Dans le monde du spectacle, il n'y a pas deux parcours identiques. A Chacun d'inventer le sien, selon ses coups de coeur, ses rencontres, ses dons, ses chevaux.
La formation : Aucune n'est obligatoire. Si l'on veut s'orienter vers le dressage "classique, il n'existe qu'une véritable école : l'académie du spectacle équestre de Versailles. Sous l'impulsion de Bartabas, elle forme des écuyers et, surtout, des écuyères à la sensibilité artistique. Les élèves passent leur matinée à cheval dans le manège de la Grande Ecurie. L'après-midi est consacrée aux cours de danse, de chant, d'escrime et d'art plastique. Pour entrer à l'académie de Versailles, il faut pouvoir exécuter "un bon Saint-Georges", première reprise de dressage internationale, envoyer une cassette vidéo à cheval et une lettre de motivation. Les écuyers sont en contrat d'apprentissage.
Le musée vivant du cheval de Chantilly forme également des cavaliers de spectacle. "Il faut avoir le niveau monitorat, être bien proportionné et avoir participé à des compétitions, dans n'importe quelle discipline ! précise Sophie la fille d'Yves Bienaimé, fondateur de Chantilly et professeurs d'équitation. La compétition développe les réflexes, qui nous sont très utiles en spectacle, sur une piste de treize mètres de diamètre". Les années passées sous la direction d'Yves Bienaimé sont une excellente formation. De plus les cavaliers apprennent à s'exprimer en public. Ils sont payés comme des moniteurs.
Si l'on préfère devenir voltigeur ou cascadeur, on peut suivre la formation "Cheval art action", dispensée par l'ex-cascadeuse Stéphanie Lamarche. Pour s'inscrire, aucun diplôme n'est exigé, pas de limite d'âge, mais une motivation sans faille. En trois ans, Stéphanie insuffle à ses élèves des techniques et l'esprit de la piste. Les élèves font les boxes, s'occupent des chevaux, dessinent les costumes de scène, s'initient à la vidéo...
La formation "sur le tas" est la plus courante. Il faut alors bien choisir son "maître". Certains bénévoles se forment à la voltige et aux cascades au parc du Puy du Fou. De nombreux talents se révèlent à la Mer de Sable d'Ermenonville (Oise). D'autres préfèrent le cirque. Les "enfants de la balle" y sont nés ! Pour les autres, le cirque Grüss organise des stages en été, dans le sud de la France, et Annie Fratellini propose son école du cirque.
Si l'on rêve plutôt du cinéma, il faut tenter sa chance auprès de François Nadal ou de Mario Lurashi, qu a tourné près de 400 films ! Ses chevaux sont dressés au pas espagnol, au galop rassemblé, à la levade. Ils savent s'asseoir, se coucher, faire le méchant. Mais surtout ils maîtrisent la chute, la figure la plus difficile à apprendre à un cheval. Dans la nature, un cheval couché est vulnérable. Il n'est donc pas naturellement disposé à apprendre cette 'figure de style".
Rien n'est jamais acquis à cheval et la formation dure toute la vie.
Pour en savoir plus :
Académie de spectacle équestre (78- Versailles) : tél 01.39.02.07.14
Musée vivant du cheval (60-Chantilly) : tél 03.44.57.40.40
Ecole nationale du cirque Annie Fratellini (75-Paris) : tél 01.40.36.08.00
Cheval art action (51-Muizon) : tél 03.26.02.95.23
Cirque à l'ancienne (84-Piolenc) : tél 04.90.29.49.49
Hasta Luego : tél 04.66.20.02.00
Rémunération : Très variable d'un cas à un autre